Rimbaud — Peinture
Ces tableaux célèbres sont des débris. Si on lui compare la littérature, la peinture a une infériorité que je trouve définitive (…)
Arthur Rimbaud.
Après une visite au Louvre en 1872.
Phrase rapportée par Ernest Delahaye.
Je laisse de côté la fin de la phrase afin de préserver sa force. La présence sur cette page de la phrase complète compensera mon indélicatesse.
La question de la précision des citations est au cœur de ce petit site. Si le temps et la transmission populaire ont rendus une phrase plus acérée, pourquoi vouloir à tout prix retourner au jet brut initial ? Contrairement aux apparences, je n’y tiens pas à tout prix. Si je prends le temps de sourcer rigoureusement mes citations, c’est par réaction contre la paresse de l’à-peu-près.
C’est à avoir été pris en flagrant délit d’approximation par Baptiste Jacomino, alors que je lui déclamai maladroitement, dans les escaliers de Rocroy, un aphorisme de Nietzsche sur la honte et à, paradoxalement, en avoir eu honte, que je dois de m’être penché sur le référencement des citations.
Que Baptiste, appelé ensuite à de hautes fonctions, en soit ici sincèrement remercié. En une fraction de seconde, il m’aura transmis quelque chose d’essentiel de la rigueur jésuitique, qui manquait cruellement à ma formation. La honte que j’ai éprouvée était de mon seul fait, c’est donc moi que Nietzsche nomme mauvais. Mais si celui qui se fait honte est mauvais, la honte elle-même aura eu des fruits savoureux.
Et me penchant sur le référencement des citations, je me suis vite rendu compte que c’était le grand n’importe quoi et qu’à poursuivre l’exactitude, à fuir le vague et la confusion, on accédait à des contrées fabuleuses.