Est-ce que tu ne penses pas que dans le nom, comme dans quelque être vivant, le son soit un corps, mais la signification soit en quelque sorte l’âme du son ?
Saint Augustin.
La Dimension de l’âme.
Ferdinand de Saussure, dans son Cours de linguistique générale, critique ce rapprochement :
On a souvent comparé cette unité à deux faces [celle du signe] avec l’unité de la personne humaine, composée du corps et de l’âme. Le rapprochement est peu satisfaisant. On pourrait penser plus justement à un composé chimique, l’eau par exemple ; c’est une combinaison d’hydrogène et d’oxygène ; pris à part, chacun de ces éléments n’au aucune des propriétés de l’eau.
La comparaison de Saussure s’entend si l’on prend acte du fait qu’il considère le signifiant et le signifié comme deux bidules de même nature (de nature psychique).
Je propose pour ma part, sans le réfuter, d’inverser, plus simplement, ce rapport augustinien du signe : en corps le signifié et l’âme en signifiant. En tout cas, lorsqu’on enseigne une idée, elle prend son sens en s’incarnant chez l’élève. Et s’incarnant, devenant vivante, elle redevient pleinement une idée.